Loi Beckham 2026 : le guide complet pour les fondateurs tech et les professionnels qui s'installent sur la Costa del Sol

Le régime spécial des travailleurs expatriés — familièrement appelé loi Beckham — demeure en 2026 l'un des outils fiscaux les plus puissants pour les professionnels et entrepreneurs qui transfèrent leur résidence en Espagne. Après la modification introduite par la loi 28/2022 (la loi espagnole sur les start-up), le régime a élargi son champ d'application aux nomades numériques, aux fondateurs de start-up et aux dirigeants non actionnaires majoritaires. Pour ceux qui débarquent sur la Costa del Sol avec un patrimoine encore en construction, maîtriser ce régime fait la différence entre payer le taux marginal de 47 % ou un taux forfaitaire de 24 % durant les six premiers exercices fiscaux.
Qui peut solliciter le régime Beckham en 2026 ?
L'accès est régi par l'article 93 de la loi espagnole sur l'impôt sur le revenu des personnes physiques et développé par le décret royal 1008/2023. Sont éligibles les personnes physiques qui acquièrent la résidence fiscale espagnole à la suite d'un transfert sur le territoire espagnol, à condition de ne pas avoir été résidentes fiscales espagnoles durant les cinq périodes d'imposition précédentes — contre dix avant la réforme de 2023.
Les profils éligibles se sont substantiellement élargis : salariés expatriés par contrat de travail ; nomades numériques étrangers (y compris le Nomad Visa introduit par la loi 28/2022) ; dirigeants de société, actionnaires ou non ; fondateurs de start-up certifiées par l'ENISA ; et professionnels exerçant des activités de R&D, de formation ou de gestion liées à des start-up. Sont exclus les revenus issus d'activités exercées par l'intermédiaire d'un établissement stable.
Le conjoint et les enfants de moins de 25 ans du contribuable principal peuvent rejoindre le même régime via une option complémentaire, à condition que leur base imposable n'excède pas celle du titulaire principal. Cela fait de la loi Beckham un outil familial, et non plus seulement individuel.
Comment fonctionne le taux forfaitaire de 24 % et ses limites
Sous ce régime, les revenus du travail sont imposés à 24 % jusqu'à 600 000 € par an, et à 47 % au-delà. Les revenus de source étrangère (dividendes, plus-values, intérêts) sont exonérés d'imposition espagnole, sauf lorsqu'ils proviennent d'un paradis fiscal ou qu'ils sont générés par l'activité ayant motivé l'expatriation. Cette exonération constitue le véritable levier patrimonial du régime.
La durée est de six ans : l'année du transfert plus les cinq suivantes. À l'issue de cette période, le contribuable revient au régime général de l'IRPF espagnol. C'est pourquoi la planification de la sortie doit être conçue simultanément à celle de l'entrée : les structures de détention, la résidence du conjoint et le calendrier de réalisation des plus-values sont des décisions anticipées trois exercices fiscaux à l'avance.
S'y ajoute l'obligation de ne pas perdre la résidence fiscale espagnole durant la période. Tout séjour inférieur à 183 jours sur le territoire espagnol ou tout déplacement du centre des intérêts économiques peut invalider le statut Beckham et imposer une régularisation rétroactive.
Pourquoi la Costa del Sol concentre la majorité des candidats en 2026
Selon les données publiées par l'Agence fiscale espagnole, le nombre de demandes Beckham approuvées a progressé de 38 % en 2024 par rapport à 2023. La répartition géographique révèle une concentration notable : Madrid (45 %), Barcelone (21 %) et Málaga (14 %). Cette dernière position est historiquement élevée et reflète l'essor de Marbella en tant que hub tech-résidentiel.
Les raisons sont multiples : un réseau de hubs de coworking premium (Andamio.io, OYO Marbella), des liaisons ferroviaires à grande vitesse AVE Málaga-Madrid en 2 h 30, et des vols directs quotidiens depuis Londres, Amsterdam, Stockholm et New York. Combinée à l'abattement de 100 % sur l'impôt sur la fortune andalou — qui neutralise l'impôt de solidarité étatique sur les grandes fortunes —, la Costa del Sol s'est positionnée comme l'écosystème ibérique le plus efficient sur le plan fiscal pour les fondateurs tech disposant de liquidités.
“La combinaison du régime Beckham + abattement de 100 % sur l'impôt sur la fortune andalou place Marbella parmi les destinations les plus efficientes fiscalement de l'Union européenne pour faire fructifier des fortunes.”
Sources consultées
- Law 28/2022 Spanish Startup Ecosystem Promotion LawSpanish Official Gazette
- Article 93 IRPF — special regime for relocated workersSpanish Personal Income Tax Law
- Royal Decree 1008/2023 — regulatory developmentSpanish Official Gazette
- Beckham regime statistics — Spanish Tax AgencyAgencia Tributaria
- Spanish Wealth Report 2026Knight Frank